[Intro] [Le piano et la contrebasse imitent une course régulière sans utiliser de bruitage ferroviaire.] [Verse 1] Je descends le boulevard, le col contre le vent, Les feux passent au rouge toujours au mauvais moment. L’enseigne du métro découpe un cercle bleu, Je presse encore le pas sous le ciel pluvieux. Mais la grille est baissée, le guichet sans lumière, Une affiche se décolle au fond de l’escalier. L’horloge indique une heure et sept minutes de trop, Sous mes pieds, la dernière rame s’enfuit dans l’écho. [Chorus] Le dernier métro est parti sans nous, Sous les rues de Paris, dans un grondement sourd. Le dernier métro ne reviendra pas ce soir, Il emporte les autres, il me laisse au trottoir. Je voulais rentrer vite et fermer les rideaux, Mais la nuit me retient après le dernier métro. [Verse 2] Un agent derrière la vitre hausse à peine les yeux, Il connaît les retardataires, les amants, les nerveux. Je demande « République ? », il me montre le quai, « À pied, suivez la Seine, vous ne pouvez vous tromper. » Je ris de la réponse, plus sèche que le froid, Car suivre cette rivière est justement mon choix. Dans ma poche, le papier frappe contre ma peau, Au rythme régulier du dernier métro. [Pre-Chorus] Plus de rame pour couvrir mes pensées, Plus de tunnel où les laisser passer. La ville m’oblige à marcher sous le jour Cru de ses lampes, de mes fautes, de notre amour. [Chorus] Le dernier métro est parti sans nous, Sous les rues de Paris, dans un grondement sourd. Le dernier métro ne reviendra pas ce soir, Il emporte les autres, il me laisse au trottoir. Je voulais rentrer vite et fermer les rideaux, Mais la nuit me retient après le dernier métro. [Instrumental Break] [Le piano staccato et les rim-clicks accélèrent brièvement avant de s’interrompre ensemble.] [Bridge] Autrefois tu courais pour bloquer les portières, Moi je restais derrière, prisonnier de mes manières. Tu tendais toujours la main avant le signal, Ce soir je comprends enfin ce geste banal. [Final Chorus] Le dernier métro est parti sans nous, Et je n’accuse plus l’heure ni le tunnel dessous. Le dernier métro ne reviendra pas ce soir, Alors j’irai à pied jusqu’au bout du boulevard. Je ne veux plus rentrer pour fermer les rideaux, Je veux savoir qui je suis sans le dernier métro. [Reprise] La Seine attend plus bas, le Pont Neuf dans mon dos, Et ma lettre bat la mesure après le dernier métro. [Outro] La grille reste fermée. La pluie tombe plus fort. Je tourne vers le fleuve, Et je marche encore.